La Creuse Agricole 03 février 2010 � 09h35 | Par Actuagri

Assemblée permanente des chambres d'agriculture - « Engager une étude sur les charges franco-françaises »

Elu le 28 janvier à la tête de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture, Guy Vasseur succède à Luc Guyau. Il répond à nos questions, dans une vidéo d'Éric Young.

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Guy Vasseur
Guy Vasseur - © D.R.

- Quelles vont être vos priorités d'actions ?

Guy Vasseur : Je veux d'abord continuer et surtout réussir la réforme « Terres d'Avenir », engagée par les Chambres d'agriculture. Il faut en effet maintenir et renforcer la proximité avec les agriculteurs pour être toujours plus performant dans les services qui leur sont proposés. C'est tout ce qui fait l'unité et l'utilité des Chambres d'agriculture sur le terrain. Je souhaite aussi apporter du changement pour me consacrer aux nouveaux défis qui s'imposent à nous. Je veux parler de la problématique des revenus des agriculteurs, avec la question des prix, la nécessité d'avoir des filets de sécurité et l'identification des marges pour optimiser les charges d'exploitation. Là, notre rôle est d'accompagner en permanence les agriculteurs sur le terrain pour trouver des solutions peu coûteuses mais efficaces. Mais ce n'est pas suffisant, il faut aussi engager un travail d'investigation sur les charges franco-françaises qui nous pénalisent et entraînent de la distorsion de concurrence intra européenne comme la taxe carbone. Elles nous enlèvent notre compétitivité par rapport à nos voisins européens et cela sur toutes les productions agricoles. C'est pourquoi nous allons mener cette étude avec des partenaires dont la synthèse sera rendue dans les six mois. Le délai est court mais je m'y engage. Il faut absolument limiter les distorsions en matière d'environnement et de charges financières auxquelles sont confrontés les agriculteurs français.

- Face aux crises agricoles en 2009, qui continuent, et à la future PAC de 2013, que peuvent apporter les Chambres ?

G.V. : Notre rôle est de coller au terrain et d'apporter des réponses. 50 % des agriculteurs adhèrent à un GDA (Groupement de développement agricole, ndlr) qui possède une réelle démarche de développement. La réaction des agriculteurs nous l'avons là, en direct. Les Chambres d'agriculture essaient donc de répondre à cette étape. Ce n'est pas toujours facile voire compliqué. Il peut y avoir des décalages avec le terrain que l'on veut les moins fréquents possibles afin de tout régler au plus vite. Je veux continuer à travailler sur cette proximité. La préparation dela PAC de 2013 permettra de proposer de nouvelles approches décloisonnées. Il faut maintenir les dialogues et, grâce à une agriculture performante, nous pourrons répondre aux enjeux alimentaires, environnementaux et territoriaux.

- L'alimentation est le nouveau leitmotiv de Bruno Le Maire, le ministre de l'Alimentation et de l'Agriculture. Adhérez-vous à cette orientation ?

G. V. : Les Chambres d'agriculture ne vont pas adhérer à ce que fait le ministère car elles l'ont précédé. Notre décision a été motivée, en juillet 2007, par le souci des consommateurs. Il faut leur fournir la quantité nécessaire de produits alimentaires, dans un respect strict des règles sanitaires. La crise de 2007 a démontré que notre rôle premier, c'est l'alimentation. C'est d'ailleurs pour cela que l'on est agriculteur. Or, c'est cette base de départ qui est souvent faussée. On se réjouit donc que le ministère rejoigne l'APCA pour répondre à l'alimentation qui a besoin de l'agriculture. Nous devons aussi réaffirmer les problématiques des territoires en tenant compte des paysages et du respect de l'environnement. C'est la politique agricole commune qui doit et va répondre à cela.

- Y a-t-il un axe sur lequel vous voulez travailler à moyen et long terme ?

G.V. : La recherche. La demande publique doit être claire pour cela. J'insiste, il faut relever les défis environnementaux et alimentaires. Ce sont les enjeux des coûts de production, de la qualité de l'eau, du réchauffement climatique. La réponse passe par la recherche. Nous devons mobiliser tous les acteurs. Sur le terrain, le réseau des Chambres d'agriculture possède des stations de recherche consacrées à différentes catégories de production. Nous faisons de la recherche appliquée. C'est un véritable transfert de technologie, de développement. Nous avons véritablement besoin des réponses de la recherche.

Un président d'origine modeste

Guy Vasseur est né en 1949, à Sambin dans le Loir-et-Cher, au coeur de la Sologne viticole. Il s'installe en 1973, sur une structure regroupant l'exploitation agricole de son père – 32 ha, 8 vaches laitières et 3 ha de vignes - et celle de son oncle – 28 ha dont 8 ha de vignes et 4 vaches laitières.

De son origine modeste et des rencontres qui ont jalonné son parcours de formation au sein des Maisons familiales rurales mais également au centre de formation des techniciens agricoles, il tire : la pugnacité qui lui a permis de développer son exploitation agricole - il dirige actuellement, avec un salarié, une exploitation de 120 ha de céréales (blé, blé dur et millet) et oléagineux ; le sens de son engagement pour l'agriculture et sa sensibilité aux enjeux économiques.

Il adhère dès son installation aux Jeunes Agriculteurs, structure dans laquelle il se voit rapidement confier des missions importantes : présidence départementale, présidence régionale, et responsabilité des questions européennes et internationales au CNJA. Il est vice-président de la FDSEA de son département de 1994 à 2008.

Ces engagements l'amènent à siéger au Copa (Comité des organisations professionnelles agricoles européennes) et au Comité économique et social européen. Il s'engage très tôt dans le réseau Chambres d'agriculture. Il est élu, à 39 ans, président de la Chambre régionale d'agriculture du Centre, et en 1994 président de la Chambre départementale d'agriculture du Loir-et-Cher, qu'il préside encore aujourd'hui.

Il intègre le bureau de l'Assemblée permanente des chambres d'agriculture en 1995 et se voit confier la responsabilité de la commission Environnement. En 2007, il accède à la responsabilité de vice-président et pilote depuis les dossiers stratégiques que sont la PAC, la LMA, et l'ensemble des problématiques liés à l'économie et aux politiques agricoles, en tant que responsable de la commission Economie. Au-delà du syndicalisme agricole et du réseau des Chambres d'agriculture, Guy Vasseur a également exercé ou exerce nombres de responsabilités au sein des coopératives, des organisations professionnelles agricoles et des collectivités locales. Il assumera ainsi de 1991 à 1997 la vice-présidence de la coopérative Franciade. Il est également vice-président de Farre (Forum de l'agriculture raisonnée respectueuse de l'environnement) et conseiller régional de la région Centre.

J.-Ph Viollet au sein du nouveau bureau de l’APCA

- Président : Guy Vasseur.
- Vice-présidents : Rémi Bailhache (Manche), Gilbert Bros (Haute-Loire), Daniel Gremillet (Vosges) et Jean Louis Cazaubon (Hautes-Pyrénées).
- Membres du bureau : Gilles Abry (Yonne), Bernard Artigue (Gironde), Jean-Pierre Boisson (Vaucluse), Dominique Chalumeaux (Jura), Pierre Cuypers (Seine-et-Marne), Jacques Gravegal (Herault), Didier Marteau (Aube), Joseph Menard (Ille-et-Vilaine), Daniel Rouvreau (Deux-Sèvres), Jean-Philippe Viollet (Creuse).

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