La Creuse Agricole 04 mai 2007 a 00h00 | Par GDSCC

Assemblée Générale du GDSCC - Une politique de maîtrise des risques sanitaires à amplifier pour des raisons d'économie de l'élevage et de santé publique

Le Groupement de Défense Sanitaire du Cheptel Creusois (GDSCC) a tenu, le 24 avril à Guéret, son Assemblée Générale sous la présidence de Philippe Monteil.

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La tribune
La tribune - © D.R.

Dans son rapport d'orientation, Philippe Monteil a rappelé l'axe d'action majeur et les objectifs du GDSCC : « L'action collective sanitaire fédérée par les GDS, en particulier le GDSCC en Creuse, a montré son efficacité dans les cinquante dernières années. Les résultats obtenus et les nouveaux besoins nécessitent une adaptation des schémas d'intervention : évolution des prophylaxies, développement d'une politique de maîtrise volontaire des risques sanitaires dans les élevages en tenant compte des différents enjeux : santé publique, économie de la santé animale et commerce ». En 2006, l'alerte « grippe aviaire » et l'épisode « fièvre catarrhale » ont confirmé l'extrême sensibilité du consommateur aux problèmes de santé humaine et aux risques potentiels avérés ou non ainsi que la nécessité de l'abord collectif de toute prévention ou lutte en matière sanitaire. Face à cette mutation définie selon la formule « L'éleveur, acteur majeur de la santé animale », le Président a indiqué comment le GDSCC, fort de son expertise sanitaire animale collective au service de tous les élevages, au travers de ses 4 missions essentielles, adapte ses actions afin de répondre à ces nouveaux objectifs dans un contexte technique et financier adéquat.

Une mission « garanties de cheptel et image des élevages » avec un impact grandissant

En raison du caractère croissant de cette mission, les GDS, en tant qu'Organismes à Vocation Sanitaire tels que définis par le législateur, seront appelés à tenir un rôle encore renforcé. La publication fin 2006 du décret sur les réseaux de surveillance et de prévention des risques sanitaires va permettre la mise en chantier des 1er réseaux avec la généralisation des délégations de missions (gestions des prophylaxies et introductions, édition des ASDA). Cela ne constitue pas une évolution notable pour notre département puisque ces délégations de missions de service public sont déjà effectives.

Le suivi des maladies réglementées

Les dispositifs de gestion mis en place face à l'épisode de fièvre Catarrhale en Europe du nord, sans prise en charge financière des conséquences économiques par les pouvoirs publics, nécessitent d'appuyer fortement notre fédération nationale, la FNGDS, dans sa demande de réforme de gestion des crises sanitaires dans ses composantes techniques et financières. Il y a forte urgence à réviser ce plan d'action en raison de l'extension quasi inévitable de cette maladie en France qui risque d'entraîner une paralysie du marché. Il est nécessaire d'anticiper les crises et de veiller à ce que les mesures de lutte soient adaptées à la réalité de la menace sanitaire. La situation épidémiologique française vis-à-vis de la tuberculose, de la brucellose et de la leucose continue d'évoluer favorablement. Les allègements de prophylaxies permis par la réglementation européenne doivent se poursuivre et des adaptations, tenant compte de la gestion pratique sur le terrain, apportées par rapport aux catégories d'animaux à prélever. Néanmoins, la vigilance, en particulier aux introductions, doit rester de mise, comme vis à vis de la tuberculose, en raison de la persistance de foyers (un cas en Creuse, une trentaine de foyers répertoriée en Dordogne).

Fourniture des résultats de prophylaxie

Dans le cadre de la convention avec le Conseil Général, permettant en particulier une diminution des coûts d'analyse, à partir de cette campagne, les résultats des contrôles de prophylaxie sont fournis : - Par écrit aux éleveurs et vétérinaires et par voie informatique (SIGAL) à la DDSV et au GDSCC pour les seuls résultats non-négatifs. - Uniquement par voie informatique à la DDSV et au GDSCC pour les résultats négatifs. Néanmoins, les éleveurs gardent la possibilité de contacter leur vétérinaire ou le GDSCC afin que ceux-ci leur confirment les résultats. Parallèlement, un récapitulatif des prélèvements et analyses effectués est fourni par le GDSCC avec les appels de prestation. Il sert de justificatif dans le registre d'élevage.

L'assistance
L'assistance - © D.R.

Apports de garanties de cheptel sous contrôle ACERSA : varron et IBR

Le varron ou hypodermose bovine a été classé MLRC (Maladie Légalement Réputé Contagieuse) en 2006. Les résultats favorables des sérologies et l'absence de cheptels varonnés en Creuse permettent de conserver un statut favorable. L'arrêté du 27 novembre 2006, fixant des mesures de prophylaxie collective de l'IBR, a élargi l'obligation de dépistage, au delà des introductions, aux prophylaxies annuelles de cheptel et rend obligatoire la vaccination ou l'abattage des animaux ayant présenté un résultat non négatif. Pour notre département, avec plus de 90 % de cheptels négatifs et près de 90 % de cheptels sous appellation, cette nouvelle réglementation n'a pas engendré de grandes modifications. Grâce à des décisions courageuses prises à des périodes clés, ce schéma s'applique déjà, ce qui constitue, aujourd'hui, un avantage indéniable pour les échanges commerciaux. Il est primordial de poursuivre dans cette voie avec le plein investissement demandé de tous, au niveau individuel et collectif : éleveurs, vétérinaires, DDSV, GDSCC, financeurs pour obtenir rapidement l'éradication de ce virus du département.

Les autres maladies non réglementées

Les actions s'adaptent en fonction des nouveaux besoins et de chaque maladie par rapport au type d'élevage et de l'espèce concernée. En matière de paratuberculose pour les bovins, l'action concerne les vendeurs de reproducteurs de façon régulière ou occasionnelle. Dans la catégorie occasionnelle, une action importante se poursuit chez les éleveurs en vue d'une cessation d'activité, ce qui constitue, pour les cédants en cas de statut favorable, un apport de plus value sur leur troupeau et un apport sanitaire primordial pour les repreneurs qui sont souvent des nouveaux installés. Le nombre de cheptels présentant des résultats favorables poursuit sa progression. La liste des élevages concernés est consultable sur www.gdscc.fr ou peut être obtenue auprès du GDSCC. Pour la BVD, au niveau départemental, le plan de maîtrise des points à risques montre son efficacité avec une diminution par 4 du nombre de cheptels atteints cliniquement. Il se renforce avec la mise en place du dépistage systématique à l'introduction. Au niveau national, la vigilance se poursuit afin qu'il n'y ait pas une orientation vers une prophylaxie généralisée de cette maladie qui présenterait, pour nos zones, un investissement très conséquent avec (suite page 4) un rapport coût/bénéfice très défavorable. Pour l'espèce porcine, le SDRP est en cours de passage en maladie certifiée sous ACERSA. Cette évolution ne fera qu'officialiser, dans un cadre national, le travail déjà effectué et permettra aux éleveurs déjà sous apport de garantie une meilleure reconnaissance de leur statut. L'objectif primordial de ces actions est de fournir, lors d'échanges, des animaux ne risquant pas d'entraîner des catastrophes sanitaires dans les élevages introducteurs. L'action porte ses fruits de façon conséquente chez les bovins avec l'utilisation croissante du billet de garantie conventionnelle. Cette action a été dupliquée chez les ovins et caprins, même si le challenge s'avère plus difficile dans ces espèces pour différentes raisons liées aux pratiques d'élevage. Etant donné l'apport sanitaire important comme l'a montré l'action en élevage bovin, l'ensemble des intervenants départementaux de la filière ovine a décidé une mobilisation commune pour faire progresser cette pratique.

Commission protection animale

Cette action, mise en place depuis 1999, a permis d'obtenir des résultats et d'acquérir un savoir faire, notamment sur l'intervention synergique de nombre de structures. Cependant, pour les élevages persistant dans de mauvaises pratiques, l'action judiciaire demande à être plus rapide d'où la nécessaire sensibilisation du Préfet et du Procureur de la République sur ces dossiers. Sur la campagne 2005/2006, 35 dossiers ont été réglés, 32 dossiers en 1ère phase (apports d'aide) et 15 en 2ème phase (verbalisation des infractions).

Images des élevages

En matière de mise en place de nouvelles réglementations comme le « paquet hygiène » ou le « bien-être animal », la vigilance et les demandes du GDSCC sont fortes, en relation avec la FNGDS, afin que les aberrations de certaines exigences soient supprimées et des éléments raisonnables et objectifs soient pris en compte. La maîtrise des risques sanitaires en élevage : un axe majeur d'action Ce plan constitue dorénavant le socle des deux missions du GDSCC que sont « garanties de cheptel et image des élevages » et « lutte contre les maladies contagieuses ». Il s'articule autour de la formation « éleveur infirmier de son élevage » et du bilan sanitaire annuel volontaire. Les formations ont commencé fin 2006 et, devant l'approbation générale observée, vont se poursuivre en 2007. L'évolution de la réglementation relative à la prescription et à la distribution du médicament permet de prendre en considération des pratiques existantes et nécessite le développement du bilan sanitaire annuel volontaire qui sera articulé avec la visite sanitaire annuelle obligatoire. Afin de mieux encadrer cette mutation, un groupe de travail éleveurs/vétérinaires a été créé sur le thème bilan et suivi volontaire d'élevage. Concernant le médicament vétérinaire, les actions vont également portées sur la récupération des déchets de soins et, pour le PSE du GRASL, un suivi adapté à la nouvelle donne du marché afin de retrouver pleinement l'efficacité, la transparence et la compétitivité que possède cet outil.

La maîtrise des risques sanitaires en élevage constitue un axe majeur d'action et devient le socle des deux missions du GDSCC que sont « garanties de cheptel et image des élevages » et « lutte contre les maladies contagieuses ». Il s'articule autour de la formation « éleveur infirmier de son élevage » et du bilan sanitaire annuel volontaire. Les formations ont commencé fin 2006 et, devant l'approbation générale observée, vont se poursuivre en 2007.
La maîtrise des risques sanitaires en élevage constitue un axe majeur d'action et devient le socle des deux missions du GDSCC que sont « garanties de cheptel et image des élevages » et « lutte contre les maladies contagieuses ». Il s'articule autour de la formation « éleveur infirmier de son élevage » et du bilan sanitaire annuel volontaire. Les formations ont commencé fin 2006 et, devant l'approbation générale observée, vont se poursuivre en 2007. - © D.R.

Une mission « lutte contre les maladies contagieuses » augmentée

Le GDSCC, en collaboration avec les vétérinaires, poursuit son action d'encadrement technique, en proposant des programmes de lutte et d'assainissement vis à vis de problématiques sanitaires des différentes espèces avec un appui financier. En IBR, les plans d'assainissement mis en place de façon concertée entre le GDSCC, le vétérinaire et l'éleveur ont permis la poursuite de la diminution du nombre de cheptels positifs. Cependant, on observe de nouveaux bovins positifs dans certains élevages. Cela montre la nécessité de pratiquer la vaccination en temps opportun et en fonction des recommandations prodiguées. Le nombre de cheptels en assainissement paratuberculose progresse du fait d'un impact économique augmenté de cette maladie dans les élevages. Rapidité de mise en place du plan d'assainissement, vigilance et constance dans les actions conditionnent la durée du plan qui présente une moyenne de 7 ans. Le « plan diarrhée creusois » prouve son efficacité et est de plus en plus utilisé. Il intéresse au-delà de notre département. Il est disponible et conseillé pour tous les élevages avec plus de 5 % de mortalité et/ou 15 % de veaux malades de diarrhée. En matière d'approche collective et d'essais terrain, des données importantes et d'application directe dans les élevages ont été obtenues pour l'utilisation des douvicides et la gestion, d'une part, de la grande douve et du paramphistome et, d'autre part, les apports complémentaires en iode. D'un point de vue approche individuelle, pour des cheptels confrontés à des cas particuliers ou particulièrement importants, 29 éleveurs ont demandé une visite d'élevage conjointe vétérinaire traitant - vétérinaire du GDSCC. Le recueil collectif d'informations, via de nouveaux outils informatiques, va permettre une adaptation encore améliorée des réponses aux besoins sanitaires départementaux.

Une mission « mutualisme » toujours aussi primordiale

Cette mission initiale du GDSCC confirme son importance pour accompagner ses actions sanitaires que ce soit au niveau national, régional, départemental ou individuel. Au niveau national, cette solidarité va se manifester pour les zones confrontées à la fièvre catarrhale par « l'avenant fonds fièvre aphteuse ». Cela participe à l'indispensable solidarité entre éleveurs, garante de l'efficacité de la lutte sanitaire collective. Le niveau régional représente un axe important d'action pour une coordination et le développement de plans communs. En phase de mise en place du nouveau plan Etat/Région pour la période 2007/2013, nous sommes dans l'ignorance des propositions de financement retenues par rapport aux demandes effectuées. Pour le niveau départemental, le GDSCC rencontre régulièrement le Conseil Général pour le suivi de ses conventions. Confortés par les résultats très favorables obtenus par rapport aux objectifs, une reconduction à l'identique du montant des conventions est proposée pour 2007 avec un aménagement permettant la prise en compte du dépistage systématique BVD à l'introduction et des aides à l'introduction d'ovins. De plus, un renouvellement de la demande concernant le dépistage de la métrite équine contagieuse sur les chevaux lourds sera effectué car c'est une action qui a montré sa pleine efficacité et l'intérêt qu'elle représente. Au niveau individuel, avec la recrudescence des cas de salmonellose, la mutuelle sanitaire en élevage bovin se trouve fortement sollicitée.

Une mission « information » conséquente

L'évolution permanente des connaissances, les mutations en cours dans les suivis sanitaires, le besoin de disposer du statut des cheptels en temps réel… impliquent que cette mission s'avère de plus en plus importante d'où son développement constant. Elle se compose d'informations régulières et spécifiques, d'une part, aux délégués cantonaux et d'autre part, aux vétérinaires ; la publication hebdomadaire d'articles et le regroupement dans le GDSCC Mémo annuel fourni à tous les éleveurs ; les formations éleveurs et les interventions régulières lors de sessions « préparation à l'installation » et dans les différents niveaux du Lycée Agricole, CFPPA ou CFA qui participent à la nécessaire formation sanitaire des éleveurs. L'amélioration de l'information, c'est aussi un renforcement de la coordination avec les autres intervenants, notamment, DDSV et Chambre d'Agriculture, avec une définition plus précise des missions et interventions complémentaires que cela peut permettre pour une efficacité technique encore renforcée dans un contexte financier amélioré.

En conclusion, une période charnière avec une évolution des rôles

Nous sommes dans une situation d'évolution du rôle des différents acteurs, où l'éleveur confirme son rôle d'acteur majeur de la santé animale car il s'avère être le premier intéressé par l'action sanitaire (améliorer la rentabilité de l'élevage : nécessité de plus en plus aiguë, notamment avec l'évolution de la PAC ; faire valoir la sécurisation de ses pratiques : élément nouveau, notamment dans le cadre du « paquet hygiène »). Dans ce concept, il lui appartient donc, en lien avec les autres acteurs partenaires, de participer à l'élaboration des modalités de l'action sanitaire suivant quatre éléments fondamentaux : - L'Etat fixe les normes et assume le contrôle. - Les consommateurs et les filières sont en attente de garanties sanitaires et de qualité. - Les instances scientifiques apportent leur appui dans le cadre de la recherche et de l'évaluation. - Les vétérinaires développent leur mission de conseil et d'appui technique. La relation éleveur/vétérinaire doit intégrer dans son évolution cette notion de partenariat avec une rémunération du conseil et un suivi de sa rentabilité. Devant cet impératif économique et sanitaire de prévention, au travers des quatre missions présentées, le GDSCC, fort de son expertise sanitaire collective en matière de santé animale au service des éleveurs, poursuit son action avec mise à disposition de nouveaux outils en relation étroite avec les vétérinaires en charge du suivi des élevages. Philippe Monteil, Président du GDSCC a tenu à remercier, au nom de tous les éleveurs, l'ensemble des partenaires : les vétérinaires, l'administration avec en particulier les Services Vétérinaires, le Laboratoire Départemental d'Analyses, les Conseils Général et Régional, les Organisations Agricoles, en particulier la Chambre d'Agriculture, les instances régionale (GRASL) et nationale (FNGDS), les délégués cantonaux et l'ensemble des salariés du GDSCC et de GDS Services 23.

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