La Creuse Agricole 21 avril 2010 à 13h37 | Par A.M.

Assemblée générale de GDS Creuse - Une gestion de l’urgence, un suivi collectif à amplifier

Le Groupement de défense sanitaire de la Creuse a tenu, vendredi 16 avril, son assemblée générale, sous la présidence de Philippe Monteil.

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A la tribune de cette assemblée générale de GDS Creuse, se trouvaient autour du président Philippe Monteil, Christophe Bridier pour les Jeunes agriculteurs 23, Yves Henri pour la chambre d’agriculture, Jacky Guillon, vice-président du conseil général, Jean-Michel Delvert, directeur de la DDCSPP, le D. Nicolas Athanassiadis, président du GTV 23 et le D. Didier Guérin, directeur de GDS Creuse.
A la tribune de cette assemblée générale de GDS Creuse, se trouvaient autour du président Philippe Monteil, Christophe Bridier pour les Jeunes agriculteurs 23, Yves Henri pour la chambre d’agriculture, Jacky Guillon, vice-président du conseil général, Jean-Michel Delvert, directeur de la DDCSPP, le D. Nicolas Athanassiadis, président du GTV 23 et le D. Didier Guérin, directeur de GDS Creuse. - © D.R.

Dans son rapport d’orientation, le président du Groupement de défense sanitaire Creuse (GDS Creuse), Philippe Monteil, a indiqué que, d’un point de vue sanitaire, l’année 2009 s’est encore trouvée profondément marquée par les retombées du virus fièvre catarrhale, amplifiées par la crise économique qui a mis à mal des mesures de prévention dans certains élevages et aggravées par une météorologique défavorable.

 

Face à un bilan difficile, une analyse pour déterminer les orientations

Face à ce bilan très difficile, il a été proposé de l’analyser sur le plan sanitaire afin d’aider le monde de l’élevage à déterminer ses orientations :

- La vaccination généralisée contre les sérotypes 1 et 8 de la fièvre catarrhale a permis d’enrayer la circulation virale et de stopper cette épizootie qui a entrainé des pertes conséquentes avec des effets importants à moyen et long termes.

- Les remontées collectives, des éleveurs et des vétérinaires, ont amené GDS Creuse à alerter les éleveurs et vétérinaires creusois sur de fortes problématiques existantes, au delà de la focalisation sur la seule fièvre catarrhale et sa vaccination correspondante.

- L’approche collective de son troupeau a montré son intérêt, mais aussi pour certains, des implications économiques catastrophiques lors d’insuffisances de prises en compte ou de précocité dans les actions correctives mises en place.

 

« L’éleveur, acteur majeur de la santé animale »

Le plan d’action sanitaire, proposé et mis en place par GDS Creuse, reste fortement basé sur : « L’éleveur, acteur majeur de la santé animale ». Cet adage, issu du Congrès de Grenoble, s’avère de plus en plus pertinent avec une pleine prise en compte :

- Du rôle que joue et peut jouer l’éleveur (notamment, pour la vaccination fièvre catarrhale, mais pas seulement) ;

- Des besoins de suivi collectif de son troupeau, d’où la nécessaire (r)évolution de l’offre vétérinaire de services et, parallèlement, la relation éleveur – vétérinaire ;

- De la focalisation sur les points à risques avec une limitation des réglementations et une recherche de retour significatif pour l’éleveur des obligations. Ces orientations ne sont pas nouvelles mais elles deviennent patentes. Cela ne peut se réaliser qu’avec l’aide et grâce à la mobilisation des deux autres membres du trépied sanitaire que sont le service Santé animale de l’Etat et les vétérinaires.

 

Une mission « garanties de cheptel et image des élevages » prépondérante

Cette mission reste un axe majeur qui montre régulièrement son importance et les nombreuses implications commerciales, et donc économiques, qu’elle engendre. Pour les maladies réglementées historiques, nous sommes passés logiquement à une politique de contrôles des points à risques avec les allègements de prophylaxies, la mise en place de la visite sanitaire obligatoire et de SIGAL. Cependant, la vigilance doit rester de mise sous l’autorité de la DDCSPP (Direction qui comprend désormais l’ancienne Direction départementale des services vétérinaires). Cela implique, d’une part, que le relai départemental de proximité de la DGAl reste pleinement défini et opérationnel et, d’autre part, que le contrôle sur les points à risque soit pleinement effectué avec une circulation efficace des informations correspondantes. La tuberculose bovine représente un exemple important où tout relâchement ou tout retard peuvent avoir des conséquences dramatiques à terme.

 

L’avenir de la gestion de la fièvre catarrhale à définir rapidement…

En matière de fièvre catarrhale, après la gestion de la phase d’urgence, l’assemblée générale a demandé de se tourner vers l’avenir avec deux questions dominantes :

- Les directives de l’Etat en matière de vaccination pour la prochaine campagne. Avec quels objectifs sanitaires et commerciaux ?

- L’évolution de la réglementation pour la réalisation de la vaccination et les actes effectués par les éleveurs. Philippe Monteil a rappelé qu’il indiquait, déjà en 2008 : « Avec la visite sanitaire obligatoire et le bilan sanitaire volontaire […] le triptyque de base de gestion sanitaire (acte, médicament, service) peut (doit) s’étendre à la gestion des maladies réglementées dans nos élevages. Le rôle premier d’un vétérinaire ne peut certes pas se réduire à la réalisation en chaîne d’actes vaccinaux ! ».

 

… Sans oublier la pleine prise de responsabilité de chacun

Concernant la vaccination et sa réalisation, le président de GDS Creuse a attiré l’attention des représentants de l’Etat sur le « vide juridique » persistant concernant les responsabilités de chacun lors d’accidents liés à cette vaccination. Même si les effets secondaires propres des vaccins sont « très rares » selon la formulation même de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (moins de 1 cas pour 50 000 animaux vaccinés), ils existent et constituent une problématique importante pour l’éleveur concerné. Il lui semble donc urgent de clarifier la situation et que l’Etat prenne toutes ses responsabilités puisque nous nous trouvons dans un cadre de prophylaxie réglementée dirigée par l’Etat et que les vétérinaires intervenant le sont en tant que vétérinaires sanitaires donc en tant qu’agents de l’Etat.

 

Une situation creusoise favorable (maladies réglementées, IBR, paratuberculose, etc.)

La Creuse est indemne de brucellose, tuberculose et leucose. Les allégements de prophylaxie sont effectifs depuis 1999. Certains départements sont, encore aujourd’hui, contraints de réaliser des intradermo-tuberculinations sur l’ensemble de leurs cheptels. La situation encore améliorée vis-à-vis de l’IBR (93 % de cheptels négatifs, baisse de 25 % du nombre de cheptels positifs) fait entrevoir la reconnaissance du département comme zone à statut favorable avec les atouts en termes de commercialisation et d’allègements des prélèvements. La vigilance va être accrue sur les points à risque (animaux positifs, rassemblements bovins) d’où la demande d’une mobilisation forte et continue des vétérinaires et de la DDCSPP dans les élevages concernés et les rassemblements d’animaux. En paratuberculose, pour les élevages adhérents au Herd-book Limousin (obligation de dépistage de la paratuberculose), 79 % bénéficient de l’apport de garantie conforme au référentiel technique national, soit 6 % de plus que l’année précédente.

- © D.R.

Une (r)évolution de la mission « lutte contre les maladies contagieuses » vers l’approche collective

Les évolutions récentes (réglementation sur le médicament vétérinaire et suivi sanitaire permanent, visite sanitaire obligatoire) constituent de réelles opportunités de faire avancer la gestion sanitaire de l’individuel et du curatif vers le collectif et le préventif si éleveurs et vétérinaires s’approprient la démarche pour apporter une cohérence et une efficacité du conseil vétérinaire en élevage. Cela représente un point majeur d’action pour l’avenir. Comme cela a déjà été indiqué, des élevages où cette approche n’a pas été effectuée, malheureusement trop nombreux, ont subi des atteintes et des pertes importantes. Il est vrai que la période de crise subie n’a pas été propice à la réception de ce message et au développement de cet axe. Il reste néanmoins majeur à moyen terme en matière de gestion sanitaire des troupeaux. Dès la prochaine campagne, GDS Creuse devrait être en mesure de fournir, pour chaque élevage, un document reprenant son bilan d’identification (naissances, mortalités, etc., en relation avec l’Etablissement départemental d’élevage) et sanitaires (données GDS Creuse, résultats d’analyses, etc.) afin d’avoir un bilan sanitaire volontaire plus étoffé et, donc, plus enrichissant pour l’éleveur et son vétérinaire. C’est un exemple de retour positif à l’éleveur des nombreux enregistrements qu’il doit effectuer.

 

Une approche pour les différentes espèces

Concernant les ovins, en parallèle avec le plan de relance de cette production, la commission petits ruminants de GDS Creuse va renforcer son action sur deux axes : le plan tremblante en relation avec l’action nationale et le billet de garantie conventionnelle, outil qui a pleinement montré son intérêt chez les bovins mais qui est très insuffisamment utilisé alors même que le plan de relance pourrait augmenter les échanges et donc les risques en la matière. Pour les caprins, en raison de l’alerte fièvre Q aux Pays-Bas et en Belgique, une action particulière sur les avortements va être proposée.

 

Une mission « mutualisme » historique particulièrement importante actuellement

Cette mission historique de GDS Creuse se poursuit et a particulièrement montré son intérêt au cours de cette crise. Malgré les risques financiers importants, GDS Creuse a étendu le tiers-payant à la gestion de la fièvre catarrhale (analyses puis vaccination). Cela a été bénéfique pour tous : éleveurs avec des coûts d’intervention favorables par rapport à la moyenne française ; vétérinaires avec une fourniture des dossiers d’aides pour l’ONIEP et un paiement plus rapide que l’Etat ! Cette prise de responsabilité, Philippe Monteil a fortement indiqué que GDS Creuse continuera de l’assumer. Cependant, il a tenu à rappeler que le système ne peut perdurer qu’avec le paiement des appels de prestation. Certains ont des difficultés de trésorerie, elles sont prises en compte par GDS Creuse à partir du moment où elles lui sont indiquées. Mais, il est intolérable que d’autres refusent ce paiement pour des contestations vis-à-vis de l’administration. C’est une confusion des genres qui pénalise l’ensemble des éleveurs creusois. La collaboration étroite avec le conseil général s’est poursuivie avec la reconduction des conventions globales d’objectif, des conventions spécifiques dans le traitement d’urgence de situations difficiles telle que l’épizootie de fièvre catarrhale et l’actualisation de la convention avec le LDA. Le président de GDS Creuse a remercié le conseil général et a espéré une poursuite de cette collaboration, même si l’avenir des collectivités territoriales est source d’incertitudes.

 

Une mission « information » toujours en développement pour répondre aux nouveaux besoins

Cette mission connaît une progression importante en relation avec l’inflation des connaissances, de la réglementation, de l’actualité, etc. GDS Creuse privilégie les voies informatiques pour des raisons de praticité, de rapidité et de coûts. Ainsi, chaque délégué cantonal ou éleveur, peut ainsi recevoir les articles hebdomadaires, il suffit de le demander à GDS Creuse. De même, chaque vétérinaire les reçoit. Cela permet une information commune et une possible mise à disposition pour leurs clients.

 

Un schéma sanitaire français efficace en phase d’actualisation avec les états généraux du sanitaire

En 2008, Philippe Monteil indiquait que le schéma sanitaire français avait montré son efficacité et devait donc garder ses grands principes, mais, parallèlement aux évolutions des élevages et des éleveurs, il devait évoluer pour répondre aux nouveaux besoins et était à définir avec la même capacité d’imagination qu’en 1950. Les Etats généraux du sanitaire, réunis à la demande du ministre de l’agriculture, se déroulent depuis janvier et devraient prochainement rendre leurs conclusions. Un point d’étape en a été réalisé au cours de cette assemblée générale. Un prochain article, après fourniture du rapport final, fera le point sur ce dossier.

 

Pour GDS Creuse, une adaptation de l’action fondée sur le schéma sanitaire collectif

Fort de son expertise sanitaire animale collective au service de tous les élevages et à travers ses missions « d’apport de garanties de cheptel et d’image des élevages », « de lutte contre les maladies contagieuses », de « mutualisme » et « d’information », GDS Creuse a fait évoluer son action et continuera à la faire progresser en fonction des modifications des élevages, des éleveurs et de leur environnement, tout en conservant les bases fondamentales de la lutte collective et sanitaire, indispensables pour sa réussite.

 

Philippe Monteil a tenu à remercier, comme chaque année, au nom de tous les éleveurs, l’ensemble des partenaires : les vétérinaires, l’administration avec en particulier le service Santé animale de la DDCSPP, le Laboratoire départemental d’analyses, les conseils général et régional, les organisations agricoles, notamment la chambre d’agriculture, nos instances régionale (GRASL) et nationale (GDS France), les délégués cantonaux et l’ensemble des salariés de GDS Creuse et de Farago Creuse.

La vaccination généralisée, mesure indispensable face à une épizootie, a concerné 96 % des bovins et plus de 80 % des ovins en Creuse en 2009. En France, cela a permis de stopper l’impact clinique de cette maladie. Alors qu’il avait été déclaré, en 2008, plus de 32 000 cas cliniques au niveau national et plus de 1 200 en Creuse, en 2009, moins de 90 foyers ont été signalés en France et aucun en Creuse.
La vaccination généralisée, mesure indispensable face à une épizootie, a concerné 96 % des bovins et plus de 80 % des ovins en Creuse en 2009. En France, cela a permis de stopper l’impact clinique de cette maladie. Alors qu’il avait été déclaré, en 2008, plus de 32 000 cas cliniques au niveau national et plus de 1 200 en Creuse, en 2009, moins de 90 foyers ont été signalés en France et aucun en Creuse. - © D.R.

Une forte implication de GDS Creuse dans la gestion de la fièvre catarrhale

 

Face à un phénomène épizootique non-connu depuis 50 ans, GDS Creuse s’est pleinement mobilisé, conformément à son objet (« contribuer par tous les moyens dont il dispose à l’amélioration de l’état sanitaire de toutes les espèces d’animaux d’élevage ») développé depuis 1953 avec la recherche du meilleur service pour ses adhérents. Dans le rapport d’activités, un bilan de l’action de GDS Creuse dans la gestion de cette épizootie a été effectué. Les points principaux sont les suivants :

- Réseau sentinelle, septembre 2007. Recherche des 90 exploitations creusoises et mise en place du réseau pour répondre très rapidement aux exigences réglementaires permettant la reprise des échanges. La mobilisation des éleveurs volontaires est, de nouveau, à souligner et à remercier.

- Prélèvements pour les mouvements d’animaux, octobre 2007. Aides aux analyses pour les prélèvements nécessaires aux échanges (convention avec le conseil général), possibilité de faire des prises de sang en centre d’allotement.

- Campagne de vaccination volontaire cheptel de souche, année 2008. Centralisation des commandes de vaccins pour les broutards pour la DDSV, prise d’un arrêté préfectoral pour une harmonisation des coûts d’intervention favorables applicables pour tous les animaux, tiers-payant étendu à la vaccination fièvre catarrhale favorable pour éleveurs et vétérinaires, fourniture rapide à la DDSV des répartitions des animaux par vétérinaire ayant a facilité l’obtention rapide de doses au printemps 2008 avec une dotation départementale ainsi améliorée même si celle-ci est restée insuffisante.

- Campagne de vaccination obligatoire 2008-2009. Indemnisations mortalités, CSSA, lors de chaque résultat virologique positif au LDA, courrier d’information sur les indemnisations mortalités et euthanasies (participation Etat) et sanitaires (CSSA), instruction des dossiers d'indemnisations mortalité et CSSA.

- Apport d’information en continu (articles hebdomadaires, média audiovisuels, mises à disposition d’informations synthétiques, actualisation quotidienne du site www.gdscreuse.fr, réponses aux très nombreux appels téléphoniques, etc.).

- Tableau de bord des naissances : en relation avec la DDSV et l’EDE.

La vaccination généralisée, mesure indispensable face à une épizootie, a concerné 96 % des bovins et plus de 80 % des ovins en Creuse, en 2009. Au niveau national, cela a permis de stopper l’impact clinique de cette maladie. Ainsi, alors qu’il avait été déclaré, en 2008, plus de 32 000 cas cliniques au niveau national et plus de 1 200 en Creuse, en 2009, moins de 90 foyers ont été signalés en France et aucun en Creuse.

- Campagne de vaccination obligatoire 2009-2010. Prise de position des GDS par rapport à la décision du ministre avec des propositions réalistes, novatrices et constructives en ce sens et largement soutenues par la profession.

- Demande de prise en charge, par l’Etat, de la vaccination du 1er juillet 2009 au 30 juin 2010 et des quelques accidents ou incidents liés à la vaccination.

 

Une implication conséquente de GDS Creuse avec une prise de responsabilité

GDS Creuse s’est fortement mobilisé dans la gestion de cette épizootie fièvre catarrhale. Il a été recherché pour tous les adhérents une meilleure efficacité possible et des apports (technique et financier) de solutions pragmatiques dans un contexte réglementaire et commercial très difficile et fluctuant. Cet épisode sanitaire grave est intervenu dans une situation économique très difficile avec une dégradation dans un épisode de temps parallèle à cette crise sanitaire. GDS Creuse s’est donc trouvé pleinement impliqué. Il a pris ses responsabilités dans le cadre d’une approche collective, gage d’efficacité pour une politique sanitaire. L’ensemble de cette situation peut être résumé au travers d’une expression déjà utilisée : « Ne pas confondre l’incendie et le pompier ».

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