La Creuse Agricole 01 mars 2019 à 08h00 | Par ND

Après la campagne, place au programme !

Le 22 février dernier, la nouvelle assemblée de la Chambre d’Agriculture de la Creuse a procédé à l’élection de son bureau et de son Président.

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La session d’installation des nouveaux élus de la Chambre d’Agriculture de la Creuse a eu lieu à la Maison de l’Économie à Guéret, le 22 février dernier, en présence de Madame la Préfète.
La session d’installation des nouveaux élus de la Chambre d’Agriculture de la Creuse a eu lieu à la Maison de l’Économie à Guéret, le 22 février dernier, en présence de Madame la Préfète. - © CDA 23

Sans surprise, c’est donc Pascal Lerousseau qui a été reconduit à ses fonctions à la tête de l’institution en présence de Madame la Préfète du département. La participation de cette dernière a permis au Président de la solliciter en direct pour demander une entrevue sans délai. L’objet de ce rendez-vous portera sur l’étude, avec ses services, de la déclinaison des points les plus urgents, consignés dans le programme électif. À l’occasion de son discours d’investiture, Pascal Lerousseau en a rappelé avec force et conviction les différents points.

Ramener du revenu sur la ferme Creuse
En tout premier lieu, avec des revenus situés tout en bas du tableau, le Président a exprimé l’urgence de retrouver un nouveau souffle pour le monde de l’élevage creusois. Il a exprimé la volonté de développer les formations relatives à une meilleure maîtrise des coûts de production mais aussi d’accompagner toutes les initiatives porteuses de valeur ajoutée, quels que soient les filières ou systèmes de production choisis. Il a évoqué les circuits courts et notamment la valorisation des produits locaux au sein de la restauration hors domicile. Il a cité aussi le développement de productions telles que celles du veau de lait sous la mer ou de la finition des animaux sur l’exploitation. Il a rappelé l’importance que les initiatives soient portées par des agriculteurs. « La Chambre d’Agriculture n’a pas vocation d’imposer un ou des systèmes de production mais bien d’accompagner les démarches individuelles ou collectives ». Il rajoute que le revenu ne se fera pas sans une meilleure répartition des marges « et pour cela, les EGA doivent impérativement aboutir favorablement ». Rajoute-t-il.

Le renouvellement des générations, un rendez-vous à ne pas manquer !
La ferme Creuse ne pourra continuer à exister qu’avec le renouvellement des générations. « La transmission a longtemps été négligée alors que c’est l’étape clef pour que l’installation se fasse et qu’elle se déroule dans de bonnes conditions. Un axe fort en ce sens sera mis en œuvre par la nouvelle équipe en charge de ce dossier au sein de la Chambre d’Agriculture. » Jean-Marie Colon, premier vice-président de la structure, souligne, quant à lui, « qu’aucune installation pérenne ne peut se faire si on ne ramène pas, au préalable, du revenu sur les exploitations creusoises. »

Incontournable également : la gestion des risques climatiques
Ce dossier épineux sera lui aussi au programme de cette nouvelle mandature. Le sujet de l’adaptation des pratiques agricoles au changement climatique semble être bien maîtrisé par la Chambre d’Agriculture de la Creuse qui a été pionnière sur la question. Suite à une étude, elle développe, en effet, depuis 2012, des conseils sur les dates de semis, les nouvelles variétés plus résistantes, l’optimisation du pâturage, etc. Cependant, il est évident aujourd’hui que l’adaptation des pratiques face aux sécheresses que subit le secteur ne suffit plus. En ce sens, un des premiers points qui sera abordé avec Mme la Préfète par les nouveaux élus portera sur la problématique du stockage de l’eau. Pour le président Lerousseau « stocker les fortes précipitations de l’hiver permettrait de sécuriser les récoltes. Encore faut-il que la législation évolue sur ce point ! »

Un accompagnement au plus près des agriculteurs
Les diverses difficultés rencontrées par les agriculteurs ont des répercussions importantes sur leur moral et ont tendance à les isoler d’avantage. Les élus de la Chambre d’Agriculture souhaitent les accompagner tout au long de leur carrière : formation, encouragement à l’utilisation des nouvelles technologies, regroupement en GIEE, … tous ces aspects permettent de prendre du recul et de réfléchir… mais cela ne suffit pas toujours. Il semble donc important de pouvoir mettre en œuvre des dispositifs permettant de mieux repérer les problématiques en amont pour les aider à rebondir avant qu’il ne soit trop tard. Par ailleurs, Pascal Lerousseau déplore que les lourdeurs administratives plombent le métier. Face à cela, il estime que le droit à l’erreur instauré par Emmanuel Macron pour les citoyens doit être étendu aux agriculteurs et, notamment, par rapport aux mesures environnementales, de plus en plus complexes et restrictives.

Protéger les agriculteurs et le foncier face aux investisseurs non agriculteurs
Deux items auxquels la nouvelle équipe devra également s’atteler. « Face aux investisseurs ne pratiquant pas le métier, il est urgent de mettre en place un vrai statut à l’instar de ce qui se fait dans d’autres professions ». Et pour ce qui concerne le foncier, selon le Président, il est primordial que les terres restent aux mains des agriculteurs tout en travaillant sur l’aménagement parcellaire afin d’améliorer les conditions de travail. Pour lui, l’amélioration des conditions de vie des agriculteurs et le dynamisme des territoires ruraux passeront aussi par des progrès en termes d’infrastructures et, notamment, par la suppression des zones blanches. Il estime, en outre, qu’il n’est pas possible de supprimer les services publics de proximité et exiger, dans le même temps, d’effectuer les démarches administratives via Internet, sans résoudre les inégalités de couverture numérique dans les territoires.

Une communication active et positive
« Les agriculteurs doivent certes prendre en compte les attentes sociétales mais n’ont de leçon à recevoir de personne et surtout pas de personnalités publiques en mal de notoriété ! » estime Pascal Lerousseau. Et de poursuivre : « Il est primordial que nous reprenions la main sur la communication inhérente à nos métiers. Il ne faut plus laisser des corporations, plus ou moins sérieuses et emplies de préjugés, parler à notre place. C’est important pour nous, pour notre intégrité mais aussi pour intéresser des jeunes à nos professions, certes complexes mais qui offrent de réelles perspectives de carrière. »

Garder les échelons de proximité
Dans un contexte de régionalisation accru, un enjeu majeur de cette mandature portera sur la sauvegarde de l’accompagnement des agriculteurs au plus près du territoire. « La Chambre d’Agriculture doit rester accessible et proche du terrain. Via l’impôt, elle appartient à tous les agriculteurs. Nous devons être à leur écoute pour pouvoir les conseiller efficacement. Pour cela, nous devons aussi être à la pointe de l’innovation sans passer à côté de propositions susceptibles de ramener de l’économie dans le département. Par ailleurs, nous avons aussi des efforts à faire afin de mieux faire connaître nos compétences. » Il en veut pour preuve, les structures locales qui vont parfois chercher très loin des entreprises, lesquelles, comble de l’ironie, font appel aux services Chambre d’Agriculture pour avoir des données qu’elles vont ensuite refacturer très cher aux donneurs d’ordre !
Vaste programme donc pour cette nouvelle équipe !

COMPOSITION DU BUREAU

Président : Pascal Lerousseau

Vice-présidents :
- Jean-Marie Colon
- Pascale Durudaud
- Yves Henry
- Pascal Josse

Secrétaire : Michaël Magnier
Secrétaires adjoints :
- Joël Bialoux
- Sébastien Brousse
- Emilie Colombeyron
- Gérard Laverdan
- Karine Nadaud
- Olivier Tourand

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Jean (23) | 01 mars 2019 à 09:54:08

« Face aux investisseurs ne pratiquant pas le métier, il est urgent de mettre en place un vrai statut à l?instar de ce qui se fait dans d?autres professions ». Quelles sont donc ces autres professions? Vous avez une vision moyenâgeuse de l'avenir.

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