La Creuse Agricole 29 juin 2019 à 08h00 | Par A.M.

Année stable pour CCBE

La coopérative CCBE Creuse Corrèze Berry élevage vient de tenir son assemblée générale à Jarnages à quelques encablures de son siège historique de Parsac. C’est une assistance fournie qui a participé aux travaux.

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- © CCBE

Dans son discours introductif, le Président Philippe Chazette a souligné les inquiétudes relatives au monde de l’élevage entre crises sanitaires, accidents climatiques, environnement médiatique défavorable, le tout dans un contexte commercial difficile. Les EGA, porteurs de tant d’espoirs pour le monde de l’élevage, peinent pour le moins à porter leurs fruits, ce qui amène le président à percevoir plutôt une volonté des centrales d’achat de contourner le règlement censé les encadrer.
En 2018 la coopérative CCBE a mis en marché 57 000 animaux dont l’essentiel est issu des 500 élevages adhérents à l’organisation de producteurs. À l’image du national où le cheptel de vaches allaitantes est passé sous la barre des 4 000 000 de têtes avec un déficit de naissances entre 2018 et 2017 qui approche 200 000 têtes, l’activité de la coopérative est en léger retrait par rapport à l’exercice précèdent. Le chiffre d’affaires est identique, proche de 72 M€, avec une augmentation du nombre d’animaux finis de 1 612 têtes et une diminution d’environ 7 % des volumes en maigre.
En termes de débouchés, CCBE s’appuie pour le maigre sur un partenariat fort avec Deltagro Export pour 6 animaux sur 10 et sur un courant d’affaires historique avec d’autres coopératives françaises pour 50 % des broutards charolais. En 2018, CCBE a également mis en place 2 130 animaux maigres auprès de ses adhérents.
En bovins finis, c’est un peu plus de 19 000 animaux qui ont été abattus et commercialisés sur une petite dizaine d’abattoirs en France. En effet, comme l’expliquait Bruno Papineau, responsable du service relation éleveurs de la coopérative, toute l’expertise de la CCBE réside dans sa capacité à valoriser au mieux la production de ses adhérents en choisissant pour chaque animal fini la meilleure destination.
Le Groupe Bigard, au travers des outils de Villefranche-d’Allier, Bonneville et Castres absorbe 44 % des volumes de bovins finis produits par les adhérents de CCBE, mais le site des Ets Puigrenier à Montluçon reste la première destination avec 3 600 animaux abattus en 2018. Fidèle à sa ligne de conduite, CCBE privilégie toujours les abattoirs de proximité qui constituent la destination de 7 animaux sur 10. Alors que les volumes vendus en Label diminuent légèrement, 2018 marque une véritable explosion du nombre d’animaux vendus sous certification Agriculture biologique. La valorisation du bio est depuis quelques années structurée autour d’une union de coopératives Union Bio dont CCBE est l’un des acteurs majeurs. Les 50 adhérents de la coopérative engagés en filière AB ont produit 865 gros bovins et 85 veaux certifiés.
L’activité reproducteur stagne un peu en race limousine malgré de très bonnes ventes au centre lors des foires de printemps et d’automne et ce, en dépit d’une activité très soutenue avec les stations d’évaluation ; la sécheresse de l’année dernière ayant passablement ralentie la demande tant sur le territoire national qu’à l’étranger.
En ovins, l’activité est stable et l’évolution la plus notable concerne une réorientation partielle des abattages vers Limovin à Bellac suite à la mise en place d’une nouvelle organisation pour la filière Agneau baronet du Limousin.
Mais l’assemblée générale était surtout tournée vers l’avenir et la mise en place de l’union de coopératives avec Sofrelim. C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de motivation que Jean Michel Bouin, directeur de CCBE pendant 12 ans avant un passage de 2 ans dans la filière laitière a accepté de revenir pour relever le challenge et de faire de l’union de coopératives CCBE-Sofrelim la première structure d’élevage de l’ancien Limousin. En effet, l’union de coopératives approchera les 110 000 bovins commercialisés par an pour un chiffre d’affaires d’environ 140 millions d’euros. Aux commandes depuis 2 mois seulement, Jean-Michel Bouin a su galvaniser les équipes autour d un projet cohérent pour le territoire du Limousin où l’adhérent sera au centre des attentions au sein d’un regroupement de moyens à taille humaine.
Après l’adoption des différentes résolutions et le renouvellement du tiers sortant des administrateurs, Philippe Chazette a accueilli Eric Martineau, directeur du site de Charal à Égletons, appartenant au groupe Bigard. S’exprimant sans langue de bois, l’intervenant s’est dit plus inquiet et préoccupé des consommateurs eux-mêmes que des courants anti-viande.
Quoiqu’en dise les statistiques, la tendance depuis de nombreuses années est à une diminution de la quantité de viande bovine consommée par habitant. Mais au delà de cette chute quantitative, le nombre croissant de repas pris hors foyer, la place de la viande bovine dans les repas et la consommation sous une forme plus élaborée, le tout dans un contexte où le pouvoir d’achat n’est pas extensible, la viande bovine est très souvent sacrifiée.
Et Eric Martineau d’interpeller les éleveurs sur les besoins de l’industrie de la viande qui va plutôt chercher des petites carcasses sans beaucoup de conformation dans la mesure où les muscles seront ensuite travaillés pour faire du steak haché ou d’autres préparations culinaires. Bien sûr, il existera toujours des débouchés pour des animaux de qualité supérieure de races limousine ou charolaise sans pour autant ignorer les évolutions de la demande plus particulièrement sur les marchés à l’export et le devoir d’adapter nos productions et nos savoir-faire.
À l’issu de cet exposé sans faux semblants, les éleveurs ont partagé le verre de l’amitié et le buffet pour clôturer une année 2018 en demie teinte et regarder l’avenir avec beaucoup de détermination et d’espoir.

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