La Creuse Agricole 14 novembre 2020 à 07h00 | Par Sophie Chatenet

Affaires qui marchent cherchent repreneurs

Les chambres d’agriculture d’Auvergne-Rhône-Alpes se mobilisent pour favoriser le renouvellement des générations en agriculture dans le cadre de la quinzaine de la transmission.

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Les stages test ou stages parrainage permettent au candidat à l’installation
de se familiariser avec la réalité du métier, et de se confronter
au travail en groupe dans le cadre des formes sociétaires.
Les stages test ou stages parrainage permettent au candidat à l’installation de se familiariser avec la réalité du métier, et de se confronter au travail en groupe dans le cadre des formes sociétaires. - © SC

D’ici 2026, plus de 30 % des chefs d’exploitation atteindront l’âge de la retraite et seront susceptibles de transmettre leur exploitation. Parce que demain se prépare dès aujourd’hui, les chambres d’agriculture communiquent largement sur l’installation-transmission. Depuis cinq ans, elles organisent, en novembre, la quinzaine de la transmission. Une quinzaine marquée par des temps forts dans les départements ponctués par des visites de terrains, des réunions de conseils et d’information, des témoignages…, qui crise sanitaire oblige, devraient toutefois être ajournés dans certains cas (voir encadré). « L’ambition du réseau des Chambres d’agriculture est de maintenir dans chaque région le nombre d’actifs en assurant leur installation et en accompagnant dans la durée les projets d’entreprise », résume Anthony Fayolle, agriculteur en Haute-Loire et responsable du dossier installation à la chambre régionale d’agriculture.

Des profils qui évoluent

20 000 chefs d’exploitation cessent leur activité chaque année, tandis qu’entre 10 000 et 15 000 candidats s’installent en agriculture. Le compte n’y est pas. Pour autant, des candidats non issus du milieu agricole sont de plus en plus nombreux à vouloir s’installer en agriculture. « La reprise d’une exploitation agricole qui se faisait spontanément d’une génération à une autre il y a quelques décennies, lorsque la transmission se faisait de père en fils, est aujourd’hui plus complexe. De plus en plus, on constate un intérêt croissant pour le milieu rural et l’agriculture par des porteurs d’idées non issus du milieu agricole », explique Anthony Fayolle. Pour lui, l’enjeu est de faire coïncider les offres de reprise avec les projets du repreneur. Et cela nécessite « de disposer de propositions plus ouvertes que les schémas « classiques » afin de permettre aux jeunes de se projeter plus aisément ».

1/5 des terres agricoles pourrait changer de main d’ici 5 ans

Pour concrétiser ses projets et favoriser la transmission agricole, les acteurs du monde agricole disposent d’un arsenal de mesures et d’outils qui se sont affinés avec le temps, au gré de l’évolution du profil des cédants et des repreneurs. Il y a d’abord, les points accueil installation-transmission. Présents dans 90 % des départements, ce sont les lieux d’accueil privilégiés d’une part des candidats à l’installation et d’autre part des exploitants souhaitant s’informer sur la cessation d’activité/transmission. Parallèlement, le répertoire départ installation (RDI) est un outil précieux mis en place par l’ensemble des chambres d’agriculture. « C’est un dispositif de mise en relation pour favoriser la transmission des exploitations agricoles en mettant en relation les porteurs de projet à l’installation individuelle ou collective et les exploitants désireux de trouver un repreneur ou un associé », précise Laurence Romanaz, chargée de mission installation à la chambre régionale d’agriculture. L’ensemble des offres sont disponibles via la plate-forme www.repertoireinstallation.com.

Outre le RDI et les points accueil installation et transmission, les chambres d’agriculture disposent de dispositifs complémentaires : l’acquisition d’expérience pratique via le stage test ; la professionnalisation des candidats via un plan de professionnalisation personnalisé (PPP) ; et enfin des aides de l’État et de la Région pour garantir une transmission-reprise réussie : audit d’exploitation ; aide concrétisation-transmission… Reste qu’au-delà des différents outils, il existe de nombreux freins qui limitent et complexifient la reprise d’une entreprise agricole. L’accès au foncier et les investissements conséquents pour financer la reprise sont les deux principaux écueils, sur lesquels travaille la profession agricole. Installation dans un cadre sociétaire, partage de la charge du capital, portage du foncier… sont autant de pistes qui peuvent être étudiées au cas par cas, car derrière une transmission, il y a toute histoire de vie qui convoque bien plus que les seuls aspects matériels… Et dans ce registre là comme dans bien d’autres, chaque histoire est singulière.

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