La Creuse Agricole 16 janvier 2019 à 08h00 | Par A.M.

Adapter le parcours et le personnaliser

Interview de Michael Magnier, président de JA 23

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- © HC

Michael Magnier prône une installation attractive. Mais une installation tient aussi à la nature du projet et à celui qui le porte.

Dans votre programme, vous préconisez des installations sur tous les territoires, mais comment inciter les jeunes à s’engager dans le métier ?
L’agriculture doit être présente en effet sur l’ensemble des territoires car elle est une part majeure de l’économie française, encore plus sur notre département. Pour cela, l’installation des jeunes est essentielle, tant au niveau de notre patrimoine (préservation de nos paysages, de notre savoir-faire, etc.) qu’au niveau de l’innovation, de la mise en place de nouvelles productions et du renouvellement des générations agricoles.
Pour cela, JA a mis en place la DJA (Dotation jeune agriculteur) qui permet de faire face aux premières années d’installation. Grâce à ce système, chaque année une soixantaine de jeunes dans notre département bénéficie de sommes variant en fonction de leur zone géographique, de leur production, du mode d’installation (société individuelle, Gaec, etc.)
Ensuite, pour mettre en avant l’agriculture et surtout le métier d’agriculteur, nous avons mis en place depuis plusieurs années le Forum Installation. Celui-ci permet d’établir le contact avec des élèves et étudiants du lycée agricole d’Ahun et de mettre en avant notre métier mais aussi d’établir des relations avec l’ensemble des OPA et partenaires. Ce forum permet aussi des témoignages de jeunes installés, avec l’explication de leurs parcours, avec les difficultés, car il y en a, mais aussi montrer que l’installation ne se fait pas seul et que des personnes sont présentes au niveau des JA et de la Chambre d’agriculture pour permettre une entrée dans cette nouvelle vie professionnelle beaucoup plus sereine.

Le parcours à l’installation reste une démarche lourde et complexe, comment améliorer et simplifier ce système ?
Il est vrai que le parcours à l’installation demande du temps, et au niveau administratif on se retrouve avec beaucoup de documents à remplir. Ce système est loin d’être parfait et chaque année de nouvelles propositions sont faites pour améliorer le suivi ou l’arrivée de nouveaux partenaires ou témoignages lors du stage 21 heures, par exemple, pour que cela paraisse moins rébarbatif. Mais la simplification a une limite aussi, car l’installation n’est pas anodine, on s’engage pour plusieurs dizaines d’années. C’est pour cela que l’ensemble des étapes, ainsi que des suivis, avant et après installation, sont essentiels et demandent même à être perfectionnés.

La formation reste un élément clé de la réussite à l’installation, mais comment l’améliorer en l’adaptant aux réalités du terrain ?
Il est vrai qu’aujourd’hui nous ne sommes plus les agriculteurs d’il y a 50 ans. L’administratif, le climat, les marchés et la technologie ont changé, et la formation doit s’adapter à cette évolution.
Pour cela la présence des étudiants sur les exploitations et les OPA est indispensable avec l’intégration de stages et de visites d’exploitation qui permettent d’acquérir une certaine expérience et une arrivée plus facile dans la vie active.
Puis, pour ceux qui le souhaitent avant l’installation, la mise en place de stages salariés à l’étranger afin d’avoir un esprit plus ouvert afin de pouvoir faire face aux défis de demain.
Il faut aussi mettre en avant et perfectionner notre outil de formation, le lycée agricole d’Ahun, en proposant des journées de perfectionnement pour différents sujets (la PAC, les nouvelles mesures de fiscalité, les innovations, etc.).
L’agriculture prend un tournant décisif et il faut préparer au mieux les futurs installés afin de s’adapter aux changement de notre société.

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