La Creuse Agricole 18 juin 2018 à 08h00 | Par MR

2017, une année qui ne restera pas dans les annales pour les éleveurs

La coopérative Creuse Corrèze Berry Elevage tenait son assemblée générale, vendredi 8 juin 2018 à Jarnages, pour faire le bilan de son activité 2017.

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- © MR

Les adhérents de la coopérative étaient venus nombreux, ce vendredi 8 juin 2018 à la salle polyvalente de Jarnages. Philippe Chazette, président de CCBE, les a accueillis en retraçant les moments marquants de l’année passée. Au niveau économique, « avec des prix à la production en total décalage avec la hausse latente de nos charges en tout genre ». La météo a été plus clémente qu’en 2016, toutefois « des zones importantes ont encore été particulièrement pénalisées par un manque d’eau récurrent qui rend complexe l’affouragement des troupeaux et fragilise sanitairement nos animaux en matière de reproduction », avec des répercutions sur les résultats technico-économiques des exploitations. « L’épisode de FCO 4 et 8 est installé dans notre quotidien avec des contraintes persistantes en matière de mouvements d’animaux et des règles vaccinales imposées par nos principaux clients. La prochaine évolution va être la non gratuité des vaccins et le désengagement des pouvoirs publics qui vont transférer allègrement la charge aux éleveurs déjà impactés par le travail de manipulation trop souvent ignoré des décideurs administratifs et politiques ». Sans oublier, les attaques des lobbys anti-viande dans les médias : « nous devons être irréprochables à quelque niveau de la filière que ce soit, transparents sur nos métiers et intransigeants avec ceux d’entre nous qui bafoueraient les règles élémentaires de bonne conduite et de bien-être animal. »

L’activité bovine
L’activité bovins gras enregistre un recul de 1 068 têtes par rapport à 2016. La chute des volumes se fait principalement en jeunes bovins et en vaches : environ -450 têtes dans chaque catégorie. Les débouchés sont identiques à ceux des années précédentes, avec toujours la volonté de privilégier les abattages de proximité. Après une année 2016 catastrophique au niveau du prix de la viande, 2017 marque une légère revalorisation malgré tout très insuffisante au regard des coûts de production.
L’activité bovins maigres est en léger recul. La baisse des effectifs est surtout sensible en broutards et un peu en nourrissons. L’export et la mise en place chez les adhérents progressent au détriment de l’activité avec les autres coopératives. 2 495 broutards, laitonnes et gros bovins maigres ont été mis en place chez les adhérents avec l’aide ACAE.

L’activité sous signes officiels de qualité
L’activité sous signes officiels de qualité est globalement stable mais avec des évolutions importantes entre filières. Pour 2017, ce sont 86 contrats SIQO représentant un volume de 1 624 têtes. Le nombre d’animaux valorisés en Agriculture Biologique progresse de 177 têtes soit une augmentation de 36 %. CCBE est le plus gros apporteur à Union Bio. Les volumes mis en marché par Union Bio progressent de 112 têtes. Les 2/3 de cette augmentation sont réalisés par CCBE, exclusivement en vaches. La quasi-totalité des animaux est abattue à Montluçon. 50 % des animaux mis en marché par Union Bio sont de race limousine. À l’inverse, les volumes en Engagement Qualité Carrefour sont devenus peau de chagrin avec seulement 89 têtes contre 356 en 2016.

L’activité reproducteurs
En race limousine, les volumes progressent de 200 têtes, essentiellement des génisses de l’année et à saillir notamment inscrites au Herd Book Limousin pour l’export. Le quart des animaux commercialisés est inscrit, avec une forte proportion en taureaux : 85 %.
En race charolaise, une section de 20 éleveurs existe au sein de la coopérative avec pour essentiel débouché ces adhérents. Le marché est peu actif et irrégulier avec parfois une offre abondante et pas de demande et inversement. L’objectif en 2018 pour CCBE est de redynamiser cette section. Les taureaux représentent 50 % de l’activité et le marché à l’export est inexistant. Pour la deuxième fois, les animaux évalués à Optigen étaient tous génotypés non porteurs de l’ataxie.

Approvisionnement et appui technique
Pour 2017, l’activité aliment de bétail représentait 54 % du chiffre d’affaire du magasin de la coopérative, les produits vétérinaires et petits matériels 24 % et 22 % pour le matériel d’élevage directement lié aux aides bâtiments. Au niveau de l’appui technique, en plus des visites de contrôles pour la Charte des Bonnes Pratiques en Élevage et en signes officiels de qualité, la coopérative s’est engagée dans deux diagnostics : l’un en agro-écologique avec le CAP2ER et l’autre relatif au bien-être animal Boviwell. 20 diagnostic ont été réalisés dans chacun des deux domaines. 13 dossiers PCAE en Nouvelle-Aquitaine et Centre-Val-de-Loire ont été réalisés ainsi que 4 dossiers CAP Filières.

L’activité ovine
Le nombre d’agneaux de boucherie mis en marché chute de 13,8 % en lien avec la diminution du cheptel de brebis et une prolificité moindre en 2017. Le nombre de réformes reste stable alors que le volume de reproducteurs diminue, faisant malheureusement craindre une tendance lourde pour les années à venir. Somafer reste toujours le premier client d’Ovins Berry Limousin malgré une diminution sensible de part de marché. L’activité ovine de CCBE représente 47 % du chiffre d’affaires d’OBL, du fait d’une moindre proportion d’agneaux vendus sous SIQO.

Normalisation des transactions et enjeux sociétaux
En seconde partie de l’assemblée, Interbev a présenté ses deux actions collectives. Made in Viande pour faire connaître, partager et ouvrir le dialogue entre les métiers de la viande et les consommateurs. Le pacte pour un engagement sociétal démontre quant à lui que l’interprofession progresse à multiples niveaux : environnementaux, bien-être animal… Cette intervention a permis de rappeler l’importance pour les éleveurs d’aller à la rencontre des consommateurs et de segmenter la filière de la viande bovine pour répondre aux évolutions des tendances de consommation des ménages, « les consommateurs d’aujourd’hui ne sont plus ceux d’hier. La filière bovine doit réfléchir à une gamme de produits pour les apéritifs dinatoires », produits déjà mis en œuvre sur le marché par d’autres productions comme le porc et la volaille. La coopérative a également souhaité terminer son assemblée générale sur une note positive en projetant une vidéo présentant le Trophée National des Lycées Agricoles, dont le gagnant toutes catégories confondues pour 2017 n’est autre que le lycée agricole d’Ahun dont la coopérative a été partenaire pour le transport de la vache et de son veau pour le concours lors du Salon International de l’Agriculture de Paris. CCBE, fière d’accompagner des jeunes dans cette démarche, leur a remis des trophées pour les féliciter pour leur passion et d’avoir communiquer une belle image de notre département d’élevage.

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